Sans toit, en pleine pandémie !

Marseille – Panier

Article mis à jour le 26/3 : ouf, le 115 a logé la famille dans un hôtel. C’est du provisoire mais normalement, ils vont entrer dans un réseau solidaire. En pleine pandémie, il était impossible de laisser ses 3 petites filles à la rue.

Il était triste, il jouait sur la place des Moulins avec sa petite fille. Un ami à moi, voyant la tête de ce jeune homme touché visiblement par la détresse, se permet de lui demander si ça va. Ils ne se sont jamais vus.

Le jeune homme lui répond avec un peu d’hésitation,  » je cherche un logement, un endroit où dormir ces prochaines nuits ».

Mon ami m’appelle sachant que je peux relayer cette sale affaire… et je rencontre Danet, visiblement éprouvé. Il cherche à sortir de cette galère. Il arpentait les rues du Panier pour savoir si quelqu’un connaissait un logement vide. Sans trop oser demander… « sonné » de se retrouver à la rue, de passer devant son ancien appartement. Il ne se plaint pas. Il envisage même de squatter par désespoir, pas par plaisir, comme certains osent parfois l’imaginer.

Combat pour s’intégrer

Danet a 31 ans, il est roumain, vit avec sa femme et ses 3 filles scolarisées au Panier. Il a quitté son pays il y a 5 ans, parce qu’il ne trouvait pas de travail là-bas et ne pouvait se payer un logement… En France au moins, Danet peut travailler comme jardinier pour des gens « aisés », mais souvent au black… Bref, jusque là, il arrivait à faire vivre sa famille et à payer 250 euros de loyer, sans bail, en espèces et sans aide de la CAF dans ce cas là.

Expulsés en pleine pandémie

Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi un propriétaire décide de jeter à la rue une famille en pleine pandémie de coronavirus. Quelque soit la raison, nous vivons une situation exceptionnelle là… où on nous demande d’être confiné. Et je ne comprends pas non plus l’action de la Police, si toutefois il s’agissait bien de la Police. Pas de bail, c’est très musclé tout ça.

Pas question de médiatiser son histoire en « national », il a peur des représailles de son propriétaire.

Il a été expulsé manu militari avant-hier de son appartement du Panier en présence de policiers semble-t-il (ils étaient en civil), parce qu’il n’avait pas payé son loyer depuis plusieurs mois. Il pensait rattraper « sa dette » ces dernières semaines en travaillant plus mais voilà le coronavirus est passé par là et aucune mission pour le moment en vue. Etant donné la peur qu’il manifeste à l’encontre de ce propriétaire, il aurait payé me dit-il avec insistance, d’autant qu’il est près de l’école et qu’il a déjà galéré, pas question de ne pas régler cette foutue dette. Car pour Danet, c’est sacré, l’école française. Il mise là-dessus pour que ces filles aient une vie normale, qu’elles soient en paix.

Il n’a jamais reçu les aides de l’Etat français. Il voulait y arriver tout seul. Mais là, c’est la rue dans quelques jours. Il a très peur aussi à cause du virus. Il faut l’aider si vous en avez la possibilité. Si vous avez un logement vacant, même petit, pensez à cette famille. Ils sont donc 5 (un couple et 3 petites filles) et Danet s’engage à rendre service s’il faut « pour renvoyer l’ascenseur » : bricolage, jardinage évidemment ou courses etc…

Sans toit, ni loi

Je ne pensais pas qu’en pleine pandémie, on pouvait sortir une famille de son logement. Face à la pandémie de coronavirus, le gouvernement a reporté la fin de la trêve hivernale au 31 mai. Les expulsions locatives sont donc interdites deux mois de plus que d’ordinaire.

Pourtant, cette famille est hébergée pour le moment chez des amis roumains à la Capelette mais dans un logement très petit et ce n’est pas possible de continuer ainsi. Danet voudrait rester à proximité du Panier pour l’école. Mais en attendant, n’hésitez pas à me contacter sur le mail de la rédaction si vous connaissez un logement vide, même spartiate. Pour quelques semaines, le temps que l’assistante sociale qui vient de recevoir Danet puisse faire quelque chose. Dans les jours qui viennent, cette famille n’a pas de solutions. Elle fait partie des invisibles. Ceux qui survivent sans tendre la main. Pour la première fois de sa vie, il s’est résolu à appeler le 115 mais pour une famille ce n’est pas possible en plein corona… Si vous avez des idées, elles sont bienvenues.

Mail pour nous contacter : redaction@marseilleinfo.com

ou sur Facebook en mode privé.

Faite tourner SVP. C’est urgent. Danet s’engage à partir dès que possible et à payer dès qu’il pourra l’eau et l’électricité. Je sais c’est un risque mais si vous avez quelques moyens, n’hésitez pas ou faites tourner sur le net.