« Je change de vie » : du cambouis à la blouse blanche !

Marseille – 15ème

Changer de vie, changer de métier, trouver sa place… on y a tous pensé, certains renoncent, certains le font, par courage mais surtout par vocation. Je suis allée à la rencontre de Claudine, actuellement cadre hospitalier, qui va partir monter un dispensaire au Burkina Faso, pour une durée indéterminée…  Une nouvelle vie s’annonce pour cette maman divorcée, de 2 grands enfants. Claudine a un parcours atypique. Pilote de rallye, cette marseillaise a aussi été mécanicienne au garage Ferrari à Bastia.

Claudine Fontvieille devant l'Hôpital Edouard Toulouse

Claudine Fontvieille devant l’Hôpital Edouard Toulouse

Je la rencontre dans son bureau à l’hôpital psychiatrique Edouard Toulouse dans le 15ème arrondissement de Marseille où Claudine est en poste depuis 2009. Avec ses dreadlocks et un large sourireClaudine est mine de rien, « responsable de la gestion des risques en milieu de soins. » « Je veille à ce que tout se passe bien à l’accueil des patients jusqu’à leur sortie, je m’occupe aussi des équipes soignantes, à l’écoute de leurs besoins en matériel, en sécurité, je vérifie les équipements incendie jusqu’à la qualité des soins, au respect de l’éthique ».

Du cambouis aux blouses blanches

Son parcours est atypique car elle a commencé à travailler à 18 ans dans un tout autre domaine : la mécanique automobile. « Mon père avait détecté mon potentiel ! » Un garçon manqué qui apprendra sur le tas l’électromécanique et restera mécanicienne pendant tout de même 5 ans. Un métier en lien avec une passion, celle du rallye automobile. Elle fera le Tour de Corse et de nombreuses courses de côte. « Celui qui m’a pris sous son aile, c’est Jean Ragnotti, une figure du rallye français dans les années 80. Il m’a appris à conduire… ». Claudine fera aussi du moto-cross, une discipline qui lui coûtera de bonne douleurs dorsales.

De l’ambulance au diplôme d’infirmière

Avec l’arrêt des courses, elle décide de s’investir dans un métier en relation avec la conduite auto. « Je me suis alors tournée vers le transport ambulancier. Quelques années après, une envie d’être utile aux autres est nettement ressortie ». Elle décide alors de monter en vitesse et de devenir infirmière. « Depuis toute jeune, j’ai souvent été bénévole pour des associations comme La Croix Rouge, Médecins du Monde, les Restos du Coeur. Avec ce diplôme d’infirmière, je crois que j’ai trouvé mon utilité. J’ai donc passé en candidat libre à 27 ans mon bac et le concours infirmier et suivi mes études à Aix ». Elle obtient son diplôme haut la main (première sur le département). « Ensuite, j’ai travaillé quelques mois aux urgences avec des équipes du SMUR. Du terrain, qui ne me comblait pas complètement. Je souhaitais m’investir sur une période plus longue avec les patients.  J’ai travaillé dans divers établissements psy, sur des pathologies parfois lourdes mais toujours avec ce sentiment d’aider des personnes en grande difficulté. Après 16 ans de terrain, connaissant bien le milieu hospitalier, j’ai eu envie de transmettre . Après une validation des acquis, j’ai obtenu (en parallèle) un Master 2 qui me permet d’être en poste actuellement. Mais plus pour très longtemps »…

En effet, sa vocation de s’occuper des autres, elle va l’exercer en Afrique, plus exactement au Burkina Faso. Après quelques missions là-bas, elle se rend compte que c’est ici, qu’elle veut faire sa vie. « En créant un dispensaire, j’espère aider la population qui manque cruellement de soins. Rendez-vous compte, à Ouagadougou, il y a 0,5 médecin pour 100 habitants, ici en France on est à 37… Le dispensaire s’occupera en priorité des enfants, il fera aussi office de lieu de scolarisation. « Je vais reprendre le terrain, parce que j’aime aider, j’aime l’Afrique, je ne sais pas pourquoi… ». Alors en lien avec quelques autres associations sur le terrain et des bukanabé devenus amis, elle va faire construite un dispensaire au sein d’un institut culturel existant. A terme, elle espère recevoir des volontaires, des élèves infirmiers. Et mettre en route des actions d’échanges entre des écoles françaises et le Burkina. Le départ est prévu pour la fin de l’année. Grâce à des dons en matériel, elle  espère l’aide de mécènes et des subventions, pour bien lancer le projet.  Son association s’appelle le Souffle D’Harmattan. Le nom d’un vent d’ouest très chaud. Claudine espère qu’il viendra vous caresser les joues et vous donner envie de suivre cette action humaniste.

« Je collecte des médicaments, des lunettes, du matériel pédiatrique etc »

Contacts : souffledharmattan@gmail.com ou au tél 06 09 93 45 51

Site : souffledharmattan.com

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